La médecine douce existe-t-elle?

La médecine douce existe-t-elle?

En France, l’expression « médecine douce » préférée aux appellations officielles pour désigner les pratiques médicales non conventionnelles. Cette expression est étrange, car elle n’a pas beaucoup de sens et reflète assez mal la réalité de ces pratiques. En fait, la médecine douce est une illusion… Mieux vaut préférer les appellations officielles. Décryptage!

Une grande partie de la médecine non-conventionnelle repose sur l’usage des plantes.

Une habitude ancrée en France oppose la médecine allopathique et la « médecine douce ». On voit bien à quoi cette opposition fait allusion: d’un côté, la médecine se reposant sur les « sciences dures », et de l’autre, des pratiques que les allopathes n’hésitent pas à qualifier de charlatanisme. Une célèbre tribune publiée par Le Figaro l’an dernier a montré l’ampleur de la polémique et des oppositions dans ce domaine.

Médecine douce, vraiment?

L’expression de médecine douce paraît, dans son usage au premier degré, assez mal choisie. Tous ceux qui ont testé une séance un peu musclée chez un ostéopathe peuvent témoigner du fait que la médecine naturelle n’est pas plus douce que l’allopathie, et parfois même l’est beaucoup moins! On évitera donc soigneusement de semer la confusion dans les esprits en utilisant cette expression maladroite.

Les textes internationaux qui fixent les règles

En réalité, il vaut mieux se montrer prudent en utilisant plutôt les expressions reconnues dans le droit sanitaire international. On compte ici deux sources majeures qui ne sont contestées par personne. L’une est le fameux rapport Lannoye du Parlement Européen, du 16 mars 1997, du nom d’un député européen écologiste belge qui a posé l’ensemble des problématiques que nous connaissons aujourd’hui. L’autre regroupe toute la production de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui a classifié les différentes pratiques médicales non-conventionnelles.

La notion de médecine non-conventionnelle

D’une manière générale, les textes internationaux ont privilégié l’expression un peu « techno » de médecine non-conventionnelle. C’est le terme générique employé par le rapport Lannoye qui explique dès ses premières lignes:

une partie de la population des États membres de l’UE a recours à certaines médecines et thérapeutiques non conventionnelles et qu’il serait en conséquence irréaliste d’ignorer cet état de fait (…)

Pour sa part, l’OMC hésite entre l’expression médecine non-conventionnelle et l’expression médecine traditionnelle.

Faut-il parler de médecine complémentaire?

Les textes internationaux ont ouvert la voie vers une autre appellation qui peut aussi faire consensus. Il s’agit de « médecine complémentaire ». L’OMC l’évoque de façon privilégiée, tandis que le rapport Lannoye explique:

différentes méthodes de traitement voire différentes approches de la santé et de la maladie ne s’excluent pas mutuellement mais peuvent au contraire être utilisées de manière complémentaire (…)

On perçoit bien ici la logique implicite de l’appellation médecine complémentaire: il s’agit de ne pas opposer l’allopathie et la médecine non-conventionnelle en recourant par exemple à l’appellation médecine alternative. Le mot « complémentaire » induit bien que c’est l’un et l’autre, la médecine naturelle et l’allopathie, et non l’un ou l’autre.

Et la médecine traditionnelle?

L’OMS utilise assez largement un autre terme, que le rapport Lannoye privilégie moins. C’est le terme de médecine traditionnelle. Il sert d’ailleurs de titre à la Stratégie de l’OMS dans ce domaine. Le rapport de l’OMS soutient d’ailleurs:

Cela fait bien longtemps que la médecine traditionnelle est pratiquée afin de préserver la santé ou de prévenir et traiter les maladies, en particulier les maladies chroniques.

Assez logiquement, c’est donc plutôt cette expression qui devrait se substituer à la notion de médecine douce dans le langage courant.

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