Le déremboursement de l’homéopathie aura-t-il vraiment lieu?

Le déremboursement de l’homéopathie aura-t-il vraiment lieu?

Après une violente campagne de dénigrement, le déremboursement de l’homéopathie est devenu un sujet sensible pour le ministère de la Santé. Agnès Buzyn a demandé à la Haute Autorité de Santé de se prononcer sur le sujet, ce qui suppose une adaptation réglementaire de son statut. L’avis, attendu pour février, devrait finalement être rendu en mai, une fois le décret en Conseil d’État autorisant la HAS à se prononcer publié. Mais tout indique que le remboursement devrait continuer. Voici pourquoi.

Le déremboursement de l’homéopathie est demandé par de nombreux allopathes, qui dénonce le charlatanisme de cette méthode.  

Une évaluation de la HAS cousue de fil blanc

Parce que la Haute Autorité de Santé est dominée par les allopathes, qui plus est reconnus par le système académique, on sait d’avance quelles devraient être ses conclusions: l’homéopathie est un charlatanisme qui n’a pas sa place dans le saint des saints des remboursements par la sécurité sociale.  

On s’amusera au passage de voir comment les inventeurs de la sécurité sociale, qui étaient majoritairement des combattants de la laïcité, ont donné naissance à une institution quais sacrée. La liste des médicaments remboursés a à peu près valeur d’une mise à l’index par la Vatican.  

Dans ces circonstances, les différentes auditions et expertises menées par la Haute Autorité de Santé devraient conclure globalement à l’inutilité de l’homéopathie, marquée par « l’effet placebo ». Tout concorde pour sortir les solutions homéopathiques de la liste des médicaments remboursés.  

La question sociale devrait s’inviter dans le débat

Mais, d’autres considérations devraient peser dans l’avis très politique que la HAS va rendre. En particulier, les laboratoires dédiés à l’homéopathie, comme le laboratoire Boiron, ne manqueront pas d’invoquer les suppressions massives d’emploi qui interviendront (selon eux) si la sécurité sociale ne rembourse plus leurs petites pilules miraculeuses. 

Cet argument devrait peser lourd en ces temps de grogne sociale. D’autant plus lourd qu’une majorité de Français a une image positive et rassurante de l’homéopathie. Parmi eux, on compte beaucoup d’électeurs de la République En Marche, soucieux de privilégier la nature au détriment de l’artifice chimique. De même que Sanofi bénéficie de vrais coups de pouce de la sécurité sociale avec le remboursement du Doliprane (300 millions de dépenses) ou l’obligation de passer à 11 vaccins au lieu de 3, on voit mal pourquoi Boiron, pour ne citer que lieu, ne bénéficierait pas des mêmes largesses.  

 

Les bénéfices cachés de l’effet placebo

Mais une raison plus profonde, plus cruciale pour le système de santé, explique que le déremboursement sera une option difficile à retenir.  

Le remboursement de l’homéopathie coûte quelques dizaines de millions € chaque année à la sécurité sociale. C’est une goutte d’eau rapportée aux 240 milliards dépensés par l’assurance-maladie. C’est surtout une goutte d’eau qui rapporte gros: pendant que les assurés consomment des pilules supposées inutiles, ils ne consomment pas les produits de Sanofi et autres, beaucoup plus coûteux.  

Dérembourser l’homéopathie pourrait donc produire une flexion importante de la consommation et encourager le recours à des solutions bien plus lourdes pour les finances publiques… 

Pour cette raison majeure, nous pronostiquons que la Haute Autorité de Santé ne sera pas reconnue compétente par le Conseil d’État pour trancher le débat. Pour Agnès Buzyn, c’est la meilleure façon de demander aux éminences allopathiques de la HAS de manger leur chapeau.  

 

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