Médecine alternative ou médecine ancestrale? Le débat tronqué imposé par les allopathes

La médecine alternative, décriée voire dénoncée dans une tribune bien connue publiée par le Figaro, existe-t-elle vraiment? En regardant de près, on peut se demander si cette fameuse médecine alternative taxée de charlatanisme ne relève pas plutôt d’une pratique médicale ancestrale dont notre époque cherche à protéger la transmission par-delà l’aplatissement des identités pratiqué par la civilisation industrielle. 

La médecine alternative est-elle un mythe inventé par les médecins allopathes désireux de consolider leur monopole vieillissant et de plus en plus contesté sur l’exercice de leur art? En lisant la tribune publiée par le FigaroVox, il est vraiment permis de se poser la question. 

La fausse question de la médecine alternative

La tribune publiée par les allopathes est farcie de faux raisonnements – ce qu’on appelait à une époque des sophismes ou des syllogismes. Son principal moteur consiste à tirer de quelques cas ou d’un ou deux exemples un anathème généralisé contre tout ce qui ne procède pas par produits chimiques. Cet anathème fonctionne de façon simple, en suggérant que c’est « ou… ou… ». Ou la médecine allopathique, ou la médecine qualifiée sophistiquement d’alternative. Comme si les personnes qui souffrent d’un cancer et qui complètent leur chimiothérapie par d’autres pratiques imaginaient majoritairement que les unes pouvaient aller sans l’autre. 

De ces sophismes, on peut prendre quelques illustrations qui soulignent la nocivité du raisonnement tenu par ces médecins. Ainsi, la tribune commence par attaquer l’homéopathie d’une façon directe:

« L’homéopathie, comme les autres pratiques qualifiées de «médecines alternatives», n’est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques. »

Toute l’astuce consiste à raisonner ici par affirmation connexe. Premièrement, la tribune pose la postulat que tous ceux qui utilisent de l’homéopathie pensent pouvoir guérir grâce à elle seule sans recours à l’allopathie. Deuxièmement, la tribune fait comme ci toutes les médecines « alternatives » procédaient de la même façon que l’homéopathie (c’est-à-dire par dilution de principes actifs). Il s’agit là de deux sous-entendus totalement fantaisistes, mais les rédacteurs de la tribune ne donnent pas dans la dentelle. Leur objectif est de discréditer tout ce qui n’est pas encadré par un ordre professionnel en bonne et due forme.

La médecine allopathique a pourtant un besoin manifeste d’aide

On pensait que ce raisonnement binaire, proche du « tout ce qui n’est pas avec moi est contre moi », n’avait plus sa place dans un monde éduqué, particulièrement sous la plume de gens qui se prétendent seuls détenteurs du savoir scientifique. Démonstration est faite, en tout cas, que l’on peut se prétendre éclairé et raisonner de façon obscure. 

Il suffit pourtant de prononcer quelques mots malheureusement épouvantables pour comprendre que la médecine allopathique a un cruel besoin de disciplines moins « cartésiennes » pour assurer sa mission quotidienne. 

Prenons l’exemple de l’autisme. La « science » explique mal ce phénomène aujourd’hui. Et une chose est sûre: la prise en charge de l’autisme profite de disciplines non scientifiques au sens où les rédacteurs de la tribune l’entendent. C’est notamment le cas de l’équithérapie, dont nos médecins allopathes expliquent qu’il s’agit de charlatanisme, mais qui semble apporter beaucoup de réconfort aux malades. 

Les rédacteurs de la tribune qui ont eu les mots les plus durs contre ces pratiques ont-ils le sentiment de faire oeuvre utile en traitant de « charlatans » des praticiens qui apportent des bienfaits à des victimes que la médecine « scientifique » est incapable de soigner? 

On n’évoquera même pas ici l’importance du recours aux ostéopathes dans la vie quotidienne des Français. Voilà une profession dont les assurés sociaux ont besoin, même si elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale. Ce n’est pas pour autant que les autres professions médicales, celles-là reconnues, sont menacées. 

Savoir ancestral contre mondialisation?

Derrière ce débat venu de nulle part, et qu’on n’imaginait pas forcément avoir un jour, se profile la question plus large de la place que peuvent avoir encore des pratiques ancestrales dans un univers où la science mondialisée exprime ses volontés impérialistes. On pense ici à des pratiques comme le magnétisme ou l’hypnose, à l’utilisation des plantes médicinales et à quelques autres héritages transmis sous le manteau depuis des générations. 

On voit la tentation qu’il y aurait à prohiber toute pratique de santé collective qui ne procéderait pas des publications anglo-saxonnes ou des brevets déposés par des laboratoires pharmaceutiques dont la doctrine consacre la toute-puissance de la chimie. Cette prohibition, déclarée au nom du savoir et des lumières, coïncide avec une logique économique qu’il semble impossible d’analyser rationnellement sans être traité d’astrologue ou de charlatan. 

On peut pourtant se demander pourquoi les mêmes défenseurs de l’allopathie se montrent moins allant lorsqu’il s’agit de comprendre pourquoi leurs confrères ont prescrit du Mediator en prenant le risque de tuer leurs patients. Tout le monde sait pourtant que ces prescriptions toxiques ont fait la fortune du laboratoire qui produisait ce médicament. C’est bien la preuve que dans l’allopathie aussi il y a du charlatanisme. Simplement, c’est un charlatanisme qui se révèle souvent profitable à certains. 

Autrement dit, en médecine aussi, les pratiques locales, les héritages séculaires, les transmissions informelles sont mises en danger par une doctrine officielle qui se veut monopolistique, et qui entend désormais user de la contrainte pour faire respecter ses privilèges. Le débat n’est pas différent de celui qui sévit dans l’agro-alimentaire ou ailleurs. 

Réconcilier médecine ancestrale et allopathie

De notre point de vue, l’incompatibilité entre médecine ancestrale et médecine allopathique décrétée par les rédacteurs de la tribune n’a pas de sens. Les traitements allopathiques sont indispensables. Mais ils peuvent être invasifs ou producteurs d’effets secondaires que des pratiques complémentaires peuvent atténuer. 

Il n’y a donc pas lieu d’évoquer un « l’un ou l’autre ». Le bon sens est promouvoir un « l’un et l’autre ».

Tel est l’objet même de ce site dédié aux pratiques complémentaires. 

 

 

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