Naturopathie et bilans biologiques Cosmico : les explications du Dr Jean-Yves Henry

Naturopathie et bilans biologiques Cosmico : les explications du Dr Jean-Yves Henry

Pendant cet entretien, le Dr Henry nous présente l’intérêt et la philosophie derrière les bilans qu’il a mis au point. Il part d’un constat sur la médecine dite « classique » et nous présente l’intérêt de la biologie qu’il propose. Une vision et un angle de lecture inspiré de la médecine homéopathique, chinoise qui s’intéresse aux régulations de l’organisme pour comprendre l’origine réelle des problèmes de santé.

Les limites de la médecine allopathique et occidentale

La médecine occidentale, actuellement, surtout du côté de la chirurgie, est dans une espèce d’impasse structurelle. Elle est organisée autour de la notion de diagnostic nosologique, c’est-à-dire du regroupement des symptômes en « maladies ». Le médecin va récupérer les symptômes du patient, il va les organiser, les faire entrer dans une boîte qui correspond à un diagnostic, et quand il sera sûr de la majorité des symptômes confirme son diagnostic, il proposera un traitement standardisé adapté à ce diagnostic.

C’est très intéressant bien sûr, c’est très efficace quand la maladie est aiguë ou évoluée, c’est à dire clairement identifiable, et que l’on dispose d’un traitement qui est suffisamment efficace pour enrayer le processus qui sous-tend ces symptômes, mais malheureusement, il y a énormément de maladies chroniques qui ne rentrent pas du tout dans le cadre symptomatique d’une « maladie », ou alors nous avons un diagnostic tellement vague comme la « fibromyalgie », qui fait que nous ne pouvons pas proposer un traitement classique adapté.

On est alors bien embêté pour mettre en place un traitement efficace. Il y a d’ailleurs aujourd’hui énormément de patients qui n’ont pas de traitement pour leurs problèmes de santé. Il y a donc une grosse difficulté pour beaucoup de patients sans diagnostic véritable d’avoir des solutions efficaces.

Existe-t-il une autre méthode pour comprendre les problèmes de santé ?

Il y a une autre façon de faire, qui a été développée en particulier par la médecine chinoise, puis par l’homéopathie, qui consiste à dire que la « partie émergée de l’iceberg » que sont les symptômes (regroupés pour la plupart dans le cadre d’un diagnostic de maladie), est sous-tendue par une « partie cachée de l’iceberg » constituée d’un ensemble de dérèglements biologiques.

Il est donc intéressant d’évaluer ce qui sous-tend l’apparition des symptômes cliniques.

Il y a eu tout un tas de tentatives, depuis la plus haute antiquité, en remontant à Hippocrate, pour essayer d’expliquer ces dérèglements sous-jacents. Ce fut la « théorie des humeurs », qui définissait les maladies par rapport à la chaleur- froid et à l’humidité- sécheresse.

Ces fragilités étant susceptibles de se manifester tout d’un coup par une maladie particulière.

Evidemment, cette tentative peu précise a quand même rendu des services, et permis de catégoriser les maladies jusqu’à une époque récente. L’approche la plus pointue fut bien sûr celle de la médecine chinoise qui a modélisé en 5 types organiques les troubles sous-jacents à l’expression des symptômes.

La médecine chinoise a ainsi modélisé la physiologie des organes, et surtout les interactions de ses organes, autrement dit, comment l’organisme s’autorégulait.

Les homéopathes ont rajouté l’idée qu’il existe une séquence de six types de maladies qui se développent au fur et à mesure que le système immunitaire ne s’adapte plus correctement aux contraintes de l’environnement. C’est ce que l’on appelle les phases de Reckeweg, méthode qu’on utilise depuis bientôt une soixantaine d’années.

Ces modélisations proposées par les médecines naturelles ont servi de concept à l’émergence de tests biologiques qui ne sont pas du tout orientés vers la confirmation d’un diagnostic nosologique, c’est-à-dire, on ne va pas chercher à savoir si vous êtes diabétique ou si vous avez la fièvre typhoïde, etc., mais on va essayer de comprendre comment les équilibres du milieu intérieur fonctionnent, et en fait, comment les organes se parlent entre eux, comment les régulations s’équilibrent.

Dans le cas du bilan sérique, on utilise des tests qui sont intéressants parce que ce ne sont pas des tests de diverses protéines sériques réagissant à des contraintes calibrées, mais plutôt des tests ou l’on met une contrainte physico-chimique et où l’on regarde comment le colloïde sérique, qui contient plus d’un millier de protéines, va se comporter.

Parfois, ce colloïde se comporte de façon explosive ou au contraire de façon complètement amorphe. Parfois même il peut y avoir des réactions tout à fait curieuses (dissociées) vis-à-vis de ces contraintes. On ne cherche pas à doser telle ou telle molécule, mais on va chercher à mettre en évidence des réactions globales à tel type de contrainte en sachant que tel type de contrainte va activer un ensemble de protéines qui agissent sur une régulation physiologique particulière au niveau des tissus.

Comment avons-nous choisi ces contraintes ?

On les a choisies en fonction du rôle qu’ont les métaux et les métalloïdes dans les régulations physiologiques du corps, donc dans leur rôle de marqueurs pathologiques. Par exemple, le zinc est l’ion activateur de plus de 80 hormones différentes, les excès et les carences de zinc ont des effets tout à fait particuliers.

Mais, avec notre test nous n’allons pas doser le Zinc car il est très rare que le dosage de Zinc bouge de manière significative dans l’organisme. Nous allons donc mettre au contact du sérum un réactif au sulfate de zinc, et puis on va regarder quels sont à la surface des protéines, les récepteurs de ces ions zinc. Si les récepteurs de ces ions zinc sont nombreux, ça voudra dire que les récepteurs tissulaires sont activés (par effet de miroir : s’il y a des protéines porteuses, c’est que les récepteurs sont activés). Le fait que les récepteurs soient activés ou non correspond à des dysfonctions physiologiques particulières qui ont été étudiés depuis extrêmement longtemps (et relevés dans les matières médicales) dont nous avions jusqu’à maintenant que la clinique, c’est-à-dire les symptômes, pour mettre en évidence le trouble de ces régulations-là, le trouble de réglage de ces thermostats biologiques.

Un exemple avec le réactif Soufre

Par exemple, le radical Soufre, est un radical qui est très important dans la physiologie humaine. Ce radical Soufre va agir sur tous les phénomènes de stagnation et de chaleur localisée. Par exemple, on a repéré qu’il y a un petit symptôme que l’on trouve de temps en temps chez les patients, qui se mettent au lit et au bout de 5 minutes, ils ont les pieds bouillants, ils sortent les pieds sous les draps, ils vont même chercher des places fraîches. C’est un petit symptôme clinique, mais il est très évocateur justement d’un trouble de la régulation du soufre.

Quand nous mettons un réactif soufre dans le sérum de ce patient, on aura la surprise de voir qu’il y a une véritable réaction exacerbée à la présence du soufre, et on aura la confirmation biologique que cette régulation liée au réactif Soufre n’est pas bonne et qu’il faut agir à ce niveau-là, pour accélérer ou freiner ce type de régulation.

Quels sont les tests et les types d’analyse que nous réalisons sur les protéines du sérum ?

Dans le bilan sérique, il y a deux grandes familles de tests, il y a les six tests qui vont intéresser l’immunité, et qui sont des tests quantitatifs, donc c’est un dosage de différents paquets de protéines.

Ainsi on va mettre en évidence l’existence d’une carence en eau dans les tissus, autrement dit un dessèchement tissulaire. On va aussi mettre en évidence différents niveaux inflammatoires, aigus (enzymatiques), ou beaucoup plus chroniques (qui vont intéresser le système lymphocytaire), ou au contraire on peut être en présence d’un affaiblissement de ces défenses, terrain sur lequel va se développer les réactions allergiques.

Ces tests quantitatifs vont nous permettre de bien comprendre ce qui sous-tend l’ensemble des symptômes du patient. Nous y ajoutons un sixième qui est un test à saturation qui va nous donner une idée du nombre d’ions H+, autrement dit la quantité de radicaux libres en circulation, donc du niveau de souffrance tissulaire.

C’est assez global comme approche, mais on voit très bien s’il y a une souffrance tissulaire, et quel est le mécanisme de cette inflammation.

Enfin, vous avez 6 autres tests qualitatifs qui vont nous permettre d’apprécier les principales régulations du corps (lipidiques, hormonales et acido-basiques). Ces deux types de tests vont éclairer, la « partie immergée de l’iceberg » qui sous-tend les symptômes dont se plaint le patient, sans que notre but soit de chercher une maladie nosologiquement définie.

Cette approche ne s’oppose pas du tout à la médecine universitaire, le médecin a besoin de savoir quel est le diagnostic quand c’est une maladie importante. Il peut être obligatoire de mettre en place un traitement lourd si c’est nécessaire. Mais il peut être extrêmement utile de compléter cette approche, justement en mettant en évidence un trouble des régulations que les méthodes classiques n’auront pas cherché à visualiser de prime abord. Et puis surtout, avec les bases de données que nous avons, la méthode des BNS pourra proposer des corrections physiologiques spécifiques dont l’effet sera relativement rapidement objectivable.

Le bilan des neurotransmetteurs

Pour ce qui est des neurotransmetteurs, c’est une analyse tout à fait classique. L’originalité de cette analyse, c’est qu’au niveau du sang, on a vraiment une très bonne vision, c’est un énorme carrefour biologique et métabolique, mais on a relativement peu d’informations de ce qui se passe derrière la barrière méningée. Derrière cette barrière méningée, il y a de véritables « hormones du fonctionnement cérébral », les neuromédiateurs qui sont des peptides, c’est-à-dire des petites molécules protéiques. Ces peptides vont activer de façon durable tel ou tel circuit dans le cerveau. Le cerveau, c’est comme un circuit électrique si vous voulez, il envoie des informations, mais il n’y a pas de rémanence, il envoie une impulsion et puis il ne va pas envoyer la même impulsion tout le temps.

Donc les grandes commandes d’amplification se font par des neuro peptides. On peut recueillir les métabolites de ces peptides dans les urines, donc c’est une analyse en termes de prélèvement qui est extrêmement simple : le patient urine le matin, après avoir évacué l’urine de la nuit, il urine le matin avant 10h avant d’avoir mangé. Puis, on va regarder les métabolites dans ces urines, et essayer de comprendre quels sont les axes d’organisation des peptides dans le cerveau. En fait, on a mis en évidence qu’il y avait trois grands axes de ces neuropeptides.

Le premier de ceux-ci est l’axe Adrénaline et Noradrénaline, qui sont des peptides d’adaptation au stress relativement immédiates, et puis qui vont déclencher une mise en mouvement, une recherche, des envies, etc…

Le deuxième axe qui est beaucoup plus sophistiqué en termes de vécu, c’est l’axe de la Dopamine et de la Sérotonine. La dopamine, est le neuro-médiateur tonique de la joie et du bien-être, alors que la Sérotonine, est le neuromédiateur sédatif de la zénitude (qui va tranquilliser). Donc, l’un qui va exciter le matin, l’autre qui va tranquilliser le soir. L’allopathie utilise globalement ces neuro-transmetteurs en utilisant des inhibiteurs de la recapture, c’est-à-dire on va fermer le robinet qui évacue le neuro-transmetteur une fois qu’il a été utilisé, et comme ça, on va augmenter le taux de tel ou tel neuro-transmetteur. Par exemple, pour la Noradrénaline, on a des antidépresseurs extrêmement actifs comme les tricycliques (LAROXYL par exemple), alors qu’avec la Sérotonine, on a d’autres antidépresseurs qui sont les « inhibiteurs de la recapture de la sérotonine » et qui ont des effets un peu différents. Mais tous les deux peuvent être utilisés en fonction du cas du patient.

Et puis le troisième axe, est celui de la Glutamine – GABA, qui est intéressant parce que la Glutamine est un neuro peptide de l’excitation, alors que le Gaba est un neuro peptide de la mise à distance, c’est un neuro peptide de l’adaptation. On le voit en pratique, dans la différence qu’il y a entre le café et le thé. Par exemple, la caféine du café, il y a exactement la même dans la théine. La théine, c’est de la caféine, mais en fait le thé a un effet différent du café pare que dans le thé, vous avez de la L-Théanine qui est un acide aminé précurseur du Gaba. Quand vous buvez du thé, vous avez un effet d’augmentation de la vigilance comme le café, mais en même temps de détente. C’est pour ça qu’il y a des accros du thé, et des accros du café parce que ce ne sont pas les mêmes effets obtenus.

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Évidemment, l’indication de ce bilan des Neurotransmetteurs c’est essentiellement la mise en évidence des états anxieux, des troubles de l’attention (effondrement de la Dopamine), la dépression (avec une baisse de la dopamine et de la Noradrénaline) et puis c’est le burn-out (où en plus il y a effondrement de la Sérotonine). Ce bilan va permettre de mettre le malade en face de son troubles : « vous avez un vrai problème ». On peut alors faire une correction spécifique et physiologique par les acides aminés précurseurs de ces neuropeptides, qui va faciliter la remontée physiologique du taux de ces neuropeptides, avec le même effet que les antidépresseurs et les tranquillisants classiques, de façon spécifique, plus douce et sans effets secondaires. J’ajouterai une petite note personnelle que c’est très intéressant d’avoir ce bilan-là, quand on est obligé d’objectiver la souffrance des patients, en particulier quand vous avez un problème d’arrêt-maladie. Par exemple, un patient fait une dépression ou un burn-out important. Au bout du deuxième mois, le médecin contrôleur commence à s’énerver. Quand vous lui présentez un bilan des neuro-transmetteurs, il est obligé d’admettre qu’il a un gros problème et qu’il est normal de laisser du temps au patient pour se traiter.

La philosophie de notre biologie

L’objectif de cette biologie est de nous permettre d’éclairer les faces cachées de la maladie, de mettre en évidence des troubles de régulation, d’essayer d’agir en amont, en particulier au niveau alimentaire. En pratique, on observe qu’avec l’alimentation « moderne », il y a beaucoup de problèmes de carences en micro-aliments, il y a des problèmes d’inflammation chronique digestive, des troubles d’intoxication par le tabac, l’alcool, qui ne sont pas forcément bien mis en évidence avec les tests classiques.

L’objectif de notre biologie c’est quand même d’apporter des solutions à des situations que la médecine moderne a délaissées. La médecine moderne a délaissé énormément de troubles fonctionnels qui ne bénéficient pas d’un diagnostic nosologique. Il y a énormément de gens qui sont chroniquement fatigués, déprimés, anxieux, etc. Qu’est-ce qu’ils font ? Eh bien, ils vont chez leur médecin, on fait un bilan biologique normal, on leur dit : « mais vous n’avez rien, vous êtes en bonne santé » alors qu’il « se traîne ». On l’a vu par exemple avec la maladie de Lyme, c’est assez catastrophique. Il y a des gens qui ont vu leur vie basculer. Avant qu’on ait des tests fiables pour la maladie de Lyme, on leur dit : « vous n’avez rien ». Et puis, même après le diagnostic de maladie de Lyme, à part l’antibiothérapie, c’est assez difficile à gérer, alors que lorsque l’on fait un BNS, on se rend compte que cette maladie de Lyme va introduire des éléments d’inflammation et d’auto-immunité qu’on peut corriger et qui améliore considérablement les malades. On ne prétend pas les guérir, c’est clair, mais on améliore leur physiologie, donc ils sont beaucoup moins fatigués, ils reprennent de l’espoir, etc., et puis on pourra les suivre. Quand la maladie présente une poussée, on pourra agir pour l’enrayer sans forcément passer par des doses massives et prolongées d’antibiotiques parce que le corps sait quand même se défendre. Donc, c’est vraiment une deuxième médecine qui a des outils pour éclairer les côtés un petit peu mystérieux jusqu’à présent délaissés par la médecine universitaire qui diagnostique les maladies et fait un traitement pour en faire disparaître les symptômes.

Là, on n’est pas forcément axé sur la maladie, mais on pose des questions : « qu’est-ce qu’il y a sous le fonctionnement du malade ? Est-ce qu’avec quelques tests simples, on ne peut pas éclairer ces dysfonctions ? Est-ce qu’avec quelques traitements physiologiques, on ne peut pas améliorer globalement le fonctionnement de sa physiologie ? ».

Pour donner une image plus parlante, nous sommes un peu comme le préparateur en mécanique, c’est-à-dire qu’on ne va pas changer la pièce, mais en quelques petits tours de vis, on va faire un nouveau réglage, et puis une fois que c’est bien réglé, peut-être que le rendement sera meilleur, et nous ne serons pas obligé de changer une pièce d’un moteur encore bon.

L’exemple du cholestérol

Il y a également des erreurs diagnostiques et thérapeutiques. Je donne un exemple qui est bien connu, celui du cholestérol. Vous savez qu’actuellement, on a beaucoup diabolisé le cholestérol. Le cholestérol, en fait, est une molécule physiologique, on a démontré que s’il y a une relation statistique entre les maladies vasculaires et le cholestérol, ce n’était pas une relation de cause à effet. Le patient va chez son médecin, il a un cholestérol augmenté, le médecin a tendance à vouloir faire baisser ce cholestérol, surtout il doit se poser la question « pourquoi le cholestérol monte ? ».

En fait, il y a trois causes : une cause extrêmement rare qui est une maladie génétique (et là, en effet, il faut faire baisser le cholestérol parce qu’il y a un risque réel), et puis deux autres causes assez différentes qui demandent des prises en charge spécifiques, la première est le « syndrome métabolique ». Ce cholestérol augmenté lors du syndrome métabolique est le premier symptôme d’un diabète. Donc là, il va falloir faire une correction diététique fondamentale (le régime diabétique). Et puis, il y a beaucoup de maladies inflammatoires dont le cholestérol est le principal marqueur. En particulier, par exemple, les maladies inflammatoires du rein qui vont voir un taux de cholestérol absolument monstrueux, et là aussi ça ne sert à rien d’essayer de baisser le cholestérol, il faut identifier la maladie rénale. Et souvent, la aussi, c’est la montée du cholestérol qui est le premier symptôme de cette maladie.

Alors, évidemment le BNS va mettre en évidence un certain nombre d’éléments de dysfonction parallèlement à cette montée du cholestérol et il va nous indiquer sur quel type de régulation on doit agir pour corriger les choses physiologiquement et faire que le patient aille mieux et normalise ces taux sans médicaments à effets secondaires.

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