Danger du sucre : goût amer de diabète et de maladies cardiovasculaires…

Danger du sucre : goût amer de diabète et de maladies cardiovasculaires…

Chaque année, on recense 180 000 décès en France causés par les maladies cardiovasculaires, elles-mêmes liées au diabète de type 2. Si pendant longtemps, les graisses contenues dans notre alimentation étaient fortement pointées du doigt, plusieurs études ont prouvé que le sucre et les édulcorants favoriseraient tout autant les risques cardiovasculaires et le diabète.

Le sucre en excès augmente prématurément les risques cardiovasculaires

En mars 2019, la revue Circulation de l’American Heart Association a publié une étude menée par des chercheurs de l’Harvard T.H Chan School of Public Health sur la consommation de boissons sucrées ou édulcorées de façon quotidienne. Elle révèle qu’aux États-Unis, les boissons sucrées sont la plus grande source de sucre ajouté dans leur alimentation quotidienne. Ils comprennent les boissons sucrées gazeuses, les jus de fruits contenant des édulcorants caloriques ajoutés tels que le sirop de maïs à forte teneur en fructose, saccharose, ou les jus de fruits concentrés.

Ches les adultes par exemple, ces sucres ajoutés représentent un apport moyen de 145 kcal/jour. Chez les jeunes adultes, ils représentent 9,3% de calories quotidiennes pour les hommes et 8,2% pour les femmes, ce qui atteint presque les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à moins de 10 % des calories pour les sucres ajoutés. Le risque de mortalité cardiovasculaire est d’ailleurs multiplié par 3 lorsque plus de 25% de calories du régime alimentaire viennent de ces sucres. Dans d’autres parties du monde, en particulier dans les pays développés, l’apport de sucre augmente considérablement en raison de l’urbanisation et de la commercialisation en masse de ces boissons sucrées.

Pour les besoins de cette étude, 37 716 hommes et 80 647 femmes ont été mobilisés de 1980 à 2014. Durant ces 34 années de recherches, 23 432 décès (4139 maladies cardiovasculaires et 8318 cancers) ont été enregistrés. Ces maladies cardiovasculaires étaient étroitement liées à la forte consommation d’aliments sucrés. Hommes et femmes qui avaient des apports plus élevés de sucre avaient tendance à être plus jeunes, moins actifs physiquement et plus susceptibles de fumer. Associée à tous ces facteurs, la consommation de boissons sucrées ou édulcorées de façon quotidienne peut donc entraîner de façon prématurée un risque de développer des maladies cardiovasculaires.  

13 % de mortalité d’origine cardiovasculaire chez les diabétiques

Cette tendance à consommer trop de sucre est également à l’origine d’une nette surmortalité d’après les résultats de l’étude PURE publiés dans le journal médical The Lancet en août 2017. Elle entraine une augmentation de 13 % de la mortalité d’origine cardiovasculaire chez les diabétiques lorsque la consommation de glucides atteint 60 % des apports caloriques journaliers.

Les vaisseaux artériels s’irritent, attaqués par le sucre en excès, ce qui rend leur paroi interne plus poreuse et facilite l’accès du cholestérol à l’intérieur des artères. Des plaques d’athérome se forment et bouchent les vaisseaux : c’est l’infarctus du myocarde. Parallèlement, la pression artérielle augmente, ce qui dégrade à son tour les parois vasculaires, formant ainsi un cercle vicieux infernal.

Il ne faut pas non plus oublier que l’une des premières causes des maladies cardiovasculaires est le diabète de type 2, pouvant être causé par une hyperconsommation glucidique. Si l’on sait tous que le sucre est néfaste chez les diabétiques, les édulcorants augmentent encore plus les risques de diabète. Aspartame, sucralose et autres « faux-sucres » sont pourtant de plus en plus présents dans les aliments commercialisés en masse aujourd’hui : sucrettes, sodas dits « light », confitures allégées, gâteaux ou encore produits laitiers.

Attention aux sucrettes et autres édulcorants !

Guy Fagherazzi et Françoise Clavel-Chapelon  (Directrice de recherche Inserm-Université Paris-Sud 11, à l’Institut Gustave Roussy) se sont justement intéressés à la relation entre la consommation de ces édulcorants présents dans les boissons sucrées « light » et le risque de développer les maladies chroniques comme le cancer et le diabète de type 2. Dans leur étude publiée par l’American Journal of Clinical Nutrition, les résultats révèlent que les sodas « light » sont plus à risque par rapport aux sodas classiques.  

L’équipe du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations de l’INSERM a suivi près de 100 000 femmes adhérentes à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) en 27 ans, depuis 1993. Chacun de leur repas a été passé en revue, comprenant la collation du soir, les apéritifs et les collations avant les trois repas de la journée. Ils ont ainsi permis d’obtenir des données très détaillées au moyen de questionnaires non seulement sur l’alimentation quotidienne, mais aussi sur les apports nutritionnels de chaque aliment consommé.

Résultat : le risque de diabète augmente de 110% chez les personnes qui consomment régulièrement des sodas « light » pendant plus de 10 ans comparé à celles  qui n’en consomment « jamais, ou rarement ». Ce risque est de 83 % chez celles qui en consomment « toujours ou presque ».

La première hypothèse avancée est d’ordre physiologique. Les chercheurs estiment que les édulcorants activeraient les récepteurs au goût sucré T1R2/T1R3 situés tout au long du tube digestif, ou augmenteraient la sensation de faim. D’un autre côté, la sécrétion d’insuline par les cellules bêta du pancréas est favorisée par la baisse de la production d’hormones GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) chez les grands consommateurs d’édulcorants. Autrement dit, ils ne permettent en aucun cas de maintenir sa ligne, bien au contraire, en plus d’augmenter le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires.  

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